
Le château d’Himara
Le château d’Himara
Perché à 240 m au-dessus de la côte ionienne, le château d'Himara conserve les vestiges d'une citadelle byzantine et de plusieurs églises orthodoxes médiévales.
Également connu sous le nom de Babakus, le château d'Himara domine la côte sud de l'Albanie depuis un promontoire rocheux à environ 240 mètres d'altitude. Ce site fortifié, abandonné progressivement à partir du XVIe siècle, conserve les vestiges d'une citadelle qui fut tour à tour place forte chaonienne, byzantine et bastion chrétien orthodoxe.
Pourquoi visiter le château d'Himara
Le site combine plusieurs intérêts dans un même périmètre. D'un point de vue historique, il couvre près de trois millénaires d'occupation, des premières fortifications antiques jusqu'aux églises orthodoxes médiévales encore visibles. D'un point de vue paysager, son emplacement offre une vue à l'ouest sur la plage de Livadhi, au sud sur la baie d'Himara, et à l'est sur les montagnes Cérauniennes encadrant les canyons de Visha et Kole Midhari.
Contrairement aux forteresses restaurées de l'intérieur du pays, Himara reste un site partiellement en ruines, où les ruelles pavées bordées de maisons en pierre se mêlent aux édifices religieux et aux pans de muraille effondrés. L'atmosphère y est plus contemplative que muséale.
Histoire du site
Les origines du château remontent aux Chaoniens, tribu grecque installée dans la région de l'Épire du Nord. Une première fortification est attribuée au VIIIe siècle av. J.-C., bien que les datations restent débattues. Le site est mentionné pour la première fois dans des sources écrites au Ier siècle ap. J.-C.
De Rome à Byzance
Sous l'Empire romain, le promontoire sert à surveiller les routes maritimes reliant l'Adriatique à la Méditerranée orientale. C'est toutefois à l'époque byzantine que le château prend sa forme la plus structurée : au VIe siècle, l'empereur Justinien ordonne une restauration majeure pour renforcer les défenses face aux incursions extérieures.
Bastion orthodoxe et évêché
Dès le VIIIe siècle, le site abrite le centre de l'évêché d'Himara. Il devient un bastion chrétien orthodoxe où se réfugient familles et tribus albanaises, qui y développent leurs propres alliances locales. Plusieurs églises sont édifiées à l'intérieur des murs.
Déclin et abandon
À partir du XVIe siècle, les habitants quittent progressivement la citadelle pour s'installer en contrebas, sur le site de la ville moderne d'Himara. Les meilleures conditions d'accès aux ressources et au littoral expliquent ce mouvement. Le château se vide alors de ses occupants et tombe lentement en ruines.
Que voir sur place
Les édifices religieux
Plusieurs églises subsistent dans l'enceinte ou à proximité immédiate :
- L'église de Saint-Serge et Saint-Bacchus, datée du XIIIe siècle, est l'un des édifices les mieux conservés du site.
- L'église Sainte-Marie-Kasopitra, plus modeste, témoigne de la densité religieuse du lieu à l'époque byzantine.
- L'église orthodoxe grecque de Tous les Saints, située près de la route SH8, complète l'ensemble.
Architecture défensive et habitat
Les remparts conservent des éléments typiques de la fortification byzantine : murs épais en pierre, tours de guet, portes encadrées. À l'intérieur, un réseau de ruelles pavées dessert les vestiges de maisons en pierre, certaines en ruines, d'autres partiellement restaurées.
Les citernes destinées au stockage de l'eau, encore visibles, illustrent l'autosuffisance du site en cas de siège prolongé. Quelques fragments de fresques et de mosaïques byzantines, abîmés, subsistent dans les édifices religieux.
Informations pratiques
Le château se visite librement et la balade dans l'enceinte demande de bonnes chaussures : le sol est inégal, parfois rocailleux, et certains passages restent escarpés. Comptez environ 1 h à 2 h pour faire le tour du site, davantage si vous souhaitez vous attarder sur les églises et les points de vue.
Un parking et un kiosque d'informations sont disponibles à l'entrée. Une visite guidée, lorsqu'elle est proposée, permet de mieux contextualiser les vestiges et les épisodes religieux liés à l'évêché. En été, des festivals culturels sont parfois organisés sur place ou dans les environs immédiats.
Quand y aller
Le site est exposé, sans ombre significative, et perché en hauteur. La fin du printemps (mai-juin) et le début de l'automne (septembre-octobre) offrent les conditions les plus confortables : températures modérées, lumière douce, fréquentation plus basse qu'en plein été.
En juillet-août, la chaleur peut être forte en milieu de journée ; privilégiez le début de matinée ou la fin d'après-midi, qui correspond aussi aux meilleures lumières pour la photographie. En hiver, le vent et les averses peuvent rendre la visite désagréable, sans toutefois fermer l'accès.
Comment s'y rendre
Le château se trouve à environ 2,5 km de la ville d'Himara, sur la route SH8 qui relie Dhermi à Himara. Plusieurs options sont possibles :
- En voiture ou en taxi depuis Himara : trajet de quelques minutes jusqu'au parking d'entrée.
- En bus local circulant sur l'axe Dhermi–Himara, avec une courte marche depuis l'arrêt le plus proche.
- À pied depuis Himara : la montée est faisable mais sportive, en raison de la pente et du revêtement irrégulier.
À voir dans les environs
Le château s'inscrit dans un itinéraire plus large le long de la Riviera albanaise. La plage de Livadhi, visible depuis les remparts, se rejoint en quelques minutes en voiture. Le village de Dhermi, à une vingtaine de kilomètres au nord, prolonge la découverte du littoral ionien.
Pour étendre la visite à d'autres sites albanais, vous pouvez consulter la péninsule de Karaburun, le château d'Ali Pacha à Porto Palermo, ou, plus à l'intérieur des terres, le mont Gjerë et le parc national Germenj.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Inclure le château d'Himara dans un voyage en Albanie
Le château se prête bien à une étape sur la Riviera albanaise, entre Vlora au nord et Saranda au sud. Pour construire un itinéraire complet associant littoral ionien, montagnes Cérauniennes et sites historiques, consultez nos suggestions de voyage en Albanie.
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